vendredi 27 mars 2009

Darfour : nouvelle catastrophe en ligne de mire

La Cour Pénale Internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt international contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. En représailles, le gouvernement a expulsé les 13 principales ONG du Darfour. Sans elles, le travail de l'ONU auprès des populations déplacées est quasi-impossible. Mais le Soudan n'en a cure : accusant les ONG présentes au Darfour d'espionnage et de collusion avec laCPI, le gouvernement soudanais a expulsé le personnel de 13 d'entre elles et a fermé quatre ONG locales le 4 mars dernier.

La pression s'accentue considérablement sur les opérations de l'ONU dans cette région du Soudan, et la demande de financement par la communauté internationale va forcément augmenter. La levée de fonds auprès des pays donateurs en novembre dernier avait déjà atteint des records (2,18 milliards de dollars).

Les conditions de travail des ONG présentes au Darfour se sont considérablement dégradées ces dernières semaines. Le 24 mars, un travailleur humanitaire soudanais travaillant pour l'ONG canadienne Fellowship for African Relief a été tué par des hommes armés. Il serait tombé dans une embuscade, une tentative de vol de téléphone portable qui aurait mal tourné. Par ailleurs, plusieurs attaques ont visé des ONG depuis le 4 mars dernier. Pendant trois jours, du 11 au 14 mars, quatre travailleurs humanitaires de Médecins Sans Frontières (un Français, un Italien, une Canadienne et un Soudanais) ont été enlevés par un groupe inconnu au Darfour - les Aigles d'el-Béchir selon les autorités soudanaises. Ils ont finalement été libérés sans violence ni versement de rançon, d'après les autorités des pays concernés. MSF a aussitôt suspendu les actions de toutes ses sections (belge, suisse et espagnole) dans la région.

Le 17 mars dernier, un soldat de la force de maintien de la paix ONU -Union Africaine a été tué dans une attaque près de Nyala, au Darfour-sud.

Enfin, peu avant la décision de la CPI, l'ONG Médecins du Monde avait retiré ses effectifs présents dans le Jebel-Marra, dans la région de Déribat au Darfour-sud, pour des raisons de sécurité.


"En empêchant l'aide humanitaire à présent Omar el-Béchir confirme qu'il extermine ces gens. C'est pourquoi il est nécessaire d'arrêter M. Béchir, pour arrêter ces crimes", a déclaré le 21 mars à la BBC le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo.

Pour sa part, le chef d'Etat soudanais estime que le Darfour peut aisément se passer de l'aide de la communauté internationale. Le gouvernement a affirmé qu'il allait nationaliser l'aide humanitaire dans les camps de déplacés. Le président de sa Commission des Affaires humanitaires, Hassabo Mohammad Abdal Rahman, a assuré que Khartoum allait payer jusqu'en 2010 la facture de l'accès à l'eau potable et aux soins de santé. Il a par ailleurs publié une liste de 19 ONG soudanaises, à peu près toutes inconnues ou peu structurées, chargées de remplacer les ONG expulsées. Le pire est désormais à craindre.

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