jeudi 31 décembre 2009

USAID et Coca-Cola s'engagent pour l'accès à l'eau au Sénégal

L’Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid) et la Fondation Coca-Cola pour l’Afrique (Fcca) on procédé, mardi 08 décembre, au lancement du projet Alliance pour l’eau et le développement (Wada) au Sénégal. Il s’agit d’un projet triennal d’une valeur de 2.000.000 de dollars destiné à appuyer la construction d’infrastructures locales d’approvisionnement en eau tout en renforçant les capacités des administrations locales à planifier et à mettre en œuvre des aménagements hydrauliques dans les zones rurales. Au cours de la première année de cette initiative pluriannuelle, un investissement de 700.000 dollars des Etats-Unis sera effectué pour faciliter l’accès à l’eau potable et à des systèmes d’assainissement dans 10 communautés cibles de la région rurale du sud-est du pays.
Les activités du projet comprendront de fait la construction de 20 nouveaux puits dans dix communautés rurales de la région de Tambacounda, dont certaines enregistrent les taux les plus faibles du pays pour ce qui concerne l’accès à l’eau et à l’assainissement. Ces activités devraient bénéficier directement à plus de 8000 personnes et seront mises en œuvre par l’équipe chargée du programme Usaid/Wula Naafa pour l’agriculture et la gestion des ressources naturelles, par l’intermédiaire de l’International Resources Group.
Pour le directeur de l’Usaid/Sénégal Kevin J. Mullally, « L’initiative Wada est un formidable exemple de projet de développement hydraulique capable d’aider le Sénégal à réaliser ses objectifs du Millénaire pour le développement ».Toute chose à laquelle a souscrit Don Dussey, représentant principal de Coca-Cola pour l’Afrique de l’Ouest, qui affirmé que «l’appui au développement des communautés dans lesquelles nous opérons constitue un devoir hautement important pour nous à Coca-Cola».
Voilà un exemple de partenariat public-privé qu'on aimerait voir plus souvent !

Source : Sud online

mardi 29 décembre 2009

L'éducation en Afrique sub-saharienne

Après des années de progrès - du moins en termes quantitatifs - la scolarisation primaire a toutes les chances de marquer le pas en Afrique subsaharienne. En cause : le déficit d'enseignants, devenu chronique après que la plupart des pays ont coupé les vannes du recrutement de fonctionnaires sous la pression des bailleurs qui exigeaient des économies budgétaires. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), il manquera 2,3 millions d'enseignants d'ici à 2015 pour satisfaire aux objectifs du Millénaire fixés par les Nations unies.

Sous la pression des familles, nombre de pays d'Afrique subsaharienne ont désormais recours aux enseignants "communautaires", recrutés par les villages pour pallier le manque crucial de professeurs. Dans certains pays, comme à Madagascar, la moitié des enseignants sont des "maîtres de parents", explique le chercheur de l'Institut de recherche sur l'éducation de l'université de Bourgogne, Jean-Marc Bernard.

Le Bénin apparaît comme l'un des pays qui pourrait atteindre les objectifs du Millénaire en termes de scolarisation primaire universelle. Sur quoi reposent les avancées de ce pays ?

En termes quantitatifs, le Bénin est en effet l'un des pays qui a fait des avancées importantes ces dernières années. Les effectifs des élèves dans l'enseignement primaire ont augmenté de près de 60 % entre 2000 et 2007. Mais c'est aussi le cas de la plupart des pays d'Afrique subsaharienne qui ont réalisé des progrès assez remarquables depuis le début du siècle. Toutefois, la route est encore longue pour que tous les enfants suivent une scolarité primaire complète.

L'un des défis à surmonter pour ces pays est de s'appuyer sur un corps enseignant assez nombreux et qualifié. Dans le cas du Bénin, c'est en partie grâce à un recours massif à des enseignants contractuels mais aussi à des enseignants directement recrutés par les familles que ces progrès ont été possibles. D'ailleurs, comme dans d'autres pays, l'Etat a mis en place une stratégie de subvention de ces "maîtres de parents", comme on les appelle en Afrique. Il faut savoir que ces enseignants communautaires sont cinq à six fois moins bien payés que les fonctionnaires d'Etat.

Comment les communautés en sont-elles arrivées à recruter elles-mêmes des professeurs ?

Pour comprendre cette situation, il faut remonter aux années 1990 et à la mise en place des plans d'ajustement structurels qui ont amené un gel des recrutements des fonctionnaires. Dans de nombreux pays, les écoles normales où sont formés les enseignants ont été fermées pendant parfois plus d'une décennie. Certaines ont rouvert leurs portes il y a deux ans, pas plus. Dans le même temps, la demande d'école des familles n'a cessé de croître. C'est ce qui a amené les communautés à s'organiser, en recrutant et en rémunérant elles-mêmes un enseignant, le plus diplômé disponible. C'est une pratique qu'on retrouve un peu partout en Afrique mais elle est particulièrement développée dans les pays d'Afrique francophone.

Quel est l'état des lieux actuel sur le continent africain concernant le manque d'enseignants ?

Le manque d'enseignants constitue l'obstacle numéro un pour parvenir aux objectifs du Millénaire fixés par les Nations unies. Selon les projections réalisées par l'institut de statistiques de l'Unesco, il faudra créer 1,159 million de postes d'enseignants supplémentaires d'ici à 2015 en Afrique subsaharienne, mais si on prend en compte les départs (retraites, démissions, décès) ce seront plus de 2,3 millions d'enseignants qu'il faudra recruter. Toutefois, les pays n'ont pas toujours les capacités financières pour soutenir ce recrutement. D'où l'importance prise récemment par les enseignants non fonctionnaires.

Ces recrutements entraînent-ils un problème de qualité de l'éducation, très souvent souligné sur le continent ?

La qualité de l'éducation est globalement mauvaise sur le continent mais il n'existe aucune preuve démontrant que les enseignants communautaires en soient responsables. Il serait injuste de leur faire porter le chapeau même s'il ne faut pas nier qu'une minorité d'entre eux n'ont pas le niveau académique requis pour enseigner. La piètre qualité tient à de nombreux facteurs. Le démarrage parfois tardif de l'année scolaire, l'absentéisme des enseignants, lié aux pandémies, aux journées de transport pour percevoir le salaire, etc., et l'absentéisme des élèves font que le temps effectif d'enseignement est en général bien en deçà de la norme officielle.

source : Le Monde

samedi 26 décembre 2009

OMD contre la faim : le Sénégal jette l'éponge

« Le Sénégal ne sera pas au rendez-vous de 2015 pour la réalisation de l’Omd n°1 » se proposant de réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim. C'est ce qui ressort d'une étude du Réseau africain pour le développement intègre (Radi).
En cause, un déficit agricole structurel. L’étude souligne que « nonobstant un contexte économique interne de départ plus favorable dû à la baisse du stock et d’un service de la dette extérieure, les performances agricoles sont en berne ». Et d'ajouter qu’« avec la crise financière apparue en 2008 et la reprise de l’endettement extérieur de l’Etat auquel s’ajoute l’absence de politique agricole et rurale adéquate, l’OMD1 devient un objectif fuyant ». Le Radi estime qu’en y associant les politiques libérales édictées de l’extérieur (Ape, Omc) prohibant les subventions agricoles et empêchant les restrictions commerciales aux frontières, « l’objectif devient pure utopie ».
Les politiques de développement, étant trop centralisées, ont manqué d’efficacité. Pour exemple, l’État a décaissé 18,5 milliards pour l’achat de matières premières pour les paysans qui ont reçu des quantités négligeables. Les villages étudiés ont reçus entre 10 et 15 kg par famille de semences d’arachides 1 à 2 kg d’engrais alors que leurs besoins sont estimés à 100 kg /ha pour les semences et 150 kg/ha pour les engrais.
Selon le Radi, certains observateurs très au fait ont déjà conclu qu’il est plus réaliste pour le Sénégal de repousser son rendez vous avec l'OMD n°1 au plus tôt à 2040.

lundi 21 décembre 2009

Les OMD, une utopie ?

Réduire la pauvreté, la faim, scolarisation pour tous, progression de l'égalité des sexes : les OMD sont-ils atteignables ? Eléments de réponse dans cet épisode du Dessous des Cartes :


http://www.dailymotion.com/video/xax0hj_pour-2015-quels-objectifs-pour-le-m_news?from=rss

samedi 19 décembre 2009

Le scandale de la faim

Les récents sommets internationaux ont peu mobilisé les politiques et les médias. Pourtant, la situation s'est encore aggravée depuis les grands engagements du millénaire. Peut-on vraiment se résigner? Selon Jacques Serba, ancien président d'Action contre la faim, et Pierrick Le Jeune, chercheur en relations internationales, la situation est grave, mais une réelle volonté politique pourrait améliorer le sort des plus démunis.

En 2002, Jacques Diouf (Directeur général de la FAO, Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) écrivait: « Il est dans l'intérêt de tous, riches et pauvres, de tout faire et rapidement pour instaurer un monde plus équitable, pour éliminer la faim chronique et ses stigmates, le désespoir et la résignation. »
La résignation? Comment se résigner à avoir faim ? Ne s’agit-il pas plutôt de la colère à la lecture des objectifs affichés lors des sommets intergouvernementaux sur la sécurité alimentaire et des résultats obtenus ?
Pour s’en convaincre, il n’est pas inutile de revisiter les objectifs :
- Objectifs du millénaire, septembre 2000: « Nous décidons en outre de réduire de moitié, d'ici à 2015, la proportion (…) des personnes qui souffrent de la faim ».
- Sommet de la FAO juin 2002: « … notre objectif commun: éradiquer la faim dans un monde où elle devait avoir disparu depuis longtemps (...) réduire de moitié d'ici l'an 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim ».
- Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale, juin 2008: « ... un effort permanent d'élimination de la faim dans tous les pays, en vue, dans l'immédiat, de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées pour 2015 au plus tard ».
- Sommet sur la crise alimentaire de Madrid, 26 et 27 janvier 2009 : « préparer une feuille de route destinée à lutter plus efficacement contre la faim ».
- Sommet de la FAO, du 16 au 18 novembre 2009 : « une étape importante dans la réalisation de notre objectif commun: un monde libéré de la faim » .

Quels objectifs solennels : lors du sommet de la FAO de 2002, sur les 180 pays participants, 160 étaient représentés au moins par un ministre ; 181 pays étaient à nouveau présents en 2008 et le sommet de Madrid de janvier 2009 était co-présidé par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, et José Luis Zapatero ; en novembre 2009, 60 chefs d'Etat et de gouvernement et 191 ministres de 182 Etats membres de la FAO et la Communauté européenne ont participé au Sommet de Rome.
Quels objectifs généreux quand on pense aux images d'enfants décharnés atteints de marasme ou de kwashiorkor!
Quels objectifs ambitieux, lorsque l'on se souvient qu'en 2000, la FAO évaluait la population sous-alimentée à 840 millions!
Mais quel échec terrifiant, lorsqu'on découvre les dernières évaluations de la FAO: la terre porte aujourd'hui 1 milliard de personnes sous-alimentées, c’est-à-dire autant que dans les années 70.
Et quel cynisme, si l'on rappelle que les retards pris ne sont pas d'ordre administratif: chaque année passée, chaque année de retard ce sont près de 5 millions d’enfants qui meurent de faim!
Le sommet de Rome de novembre 2009 qui, a exprimé « l’engagement ferme de redoubler d'efforts pour atteindre le premier des Objectifs du Millénaire pour le développement consistant à réduire de moitié la faim dans le monde d'ici à 2015 et à l'éradiquer le plus vite possible », sera-t-il un sommet de plus? Ou sera-t-il enfin le sommet non plus des annonces mais de l’allocation de moyens ? On peut en douter en l’absence des chefs d’Etat des pays les plus riches ; on peut craindre le pire alors même que selon Action Contre la Faim (ACF) et Médecins Sans Frontières (MSF) « il est possible de soigner la forme la plus meurtrière de la malnutrition à l’aide d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi » et que seuls « 3 milliards d’euros sont nécessaires immédiatement pour s’attaquer efficacement à la malnutrition aiguë sévère dans le monde.» Autrement dit rien face aux milliards engloutis dans la crise financière et économique.
La résignation? Les images des révoltes de ceux qui se battent pour manger dans les villes ne contredisent-elle pas l’analyse de Jacques Diouf ?
En fait, ce qui est symptomatique, c’est que l’on qualifie péjorativement « d’émeutes de la faim » la figure urbaine, sociale et politique de la faim, la révolte de ceux qui revendiquent pour satisfaire leurs besoins alimentaires et leur droit à l’alimentation. Comme si c’était nous qui avions fini par nous résigner à ne voir que deux figures de la faim : l’approche statistique et froide des Etats, le regard compassionnel des ONG.
L’abbé Pierre aimait à dire qu’il faut toujours donner un objet à sa colère. N’est-ce pas ainsi qu’il nous faut parler de la révolte de ceux qui ont faim?

jeudi 17 décembre 2009

L'amélioration de la santé maternelle à la traîne

Le nombre des décès maternels, estimé à 530.000 par an, reste obstinément élevé, signalant ainsi un retard dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), selon un rapport du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef) publié jeudi à New York. Le monde a fait des "progrès limités" vers la première cible des OMD, qui prévoit de réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle pendant la période de 1990 à 2015, regrette le rapport de l'Unicef sur la situation des enfants dans le monde. Depuis 1990, le nombre annuel des décès maternels à travers le monde a dépassé les 500.000, précise le raport publié à la veille du 20e anniversaire de l'adoption de la Convention relative aux droits de l'enfant. En Afrique sub-saharienne, le progrès pour diminuer le taux de mortalité maternelle est "pratiquement inexistant", précise le rapport. L'amélioration de la santé maternelle est cruciale pour le bien-être des enfants, a indiqué la directrice générale de l'Unicef, Ann Veneman, lors d'une conférence de presse tenue au siège de l'organisation à New York.

mercredi 16 décembre 2009

Le concept de pauvreté énergétique à l'avant-plan de Copenhague

Des experts du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) ont pris position à l'occasion d'une conférence de presse à l'ONU pour que la « pauvreté énergétique » figure au cœur de l’accord qui devrait être conclu à Copenhague.
Selon une nouvelle étude du PNUD et de l'OMS, pour réduire de moitié d’ici à 2015 le nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue (objectif du millénaire pour le développement) il va falloir donner l’accès à l’électricité à plus de 300 millions de personnes supplémentaires par an. En effet, le manque d'électricité pousse les populations à utiliser des combustibles fossiles dont la combustion est polluante et dangereuse pour la santé. Ainsi, chaque année, deux millions de personnes meurent à cause de l'exposition à la fumée dégagée par les combustibles fossiles.
''Si 1,5 milliard de personnes de plus avait accès à l’électricité, les émissions de gaz à effet de serre n’augmenteraient que de 0,9%. Ce taux ridicule ne peut être pris comme argument pour freiner les efforts en la matière'', ont déclaré Olav Krjoven (PNUD), Fatih Birol (AIE) et Luiz Augusto Cassanha Galvão (OPS).
Les experts reconnaissent toutefois qu'on ne peut rien faire dans ce domaine sans l’engagement et les investissements du secteur privé. ''Il faut combiner les efforts à tous les niveaux'', a expliqué Olav Krjoven.

Source : UN.org

 
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