jeudi 12 novembre 2009

Peut-on se permettre un échec au sommet de Copenhague ?

Le Fonds mondial pour la Nature (WWF) a organisé une conférence sur l’enjeu du sommet international sur le climat de Copenhague, à l’occasion de son Université qui s’est déroulée à Paris les 20 et 21 octobre.

Le contexte

La conférence sur le thème « Peut-on se permettre un échec à Copenhague ? » a réuni autour d’une même table :- Jean-Charles Hourcade, directeur du Centre de recherche sur l’environnement et le développement (Cired)- Kim Carstensen, directeur du WWF en charge des négociations sur le climat- Stéphane Hallegatte, économiste et ingénieur climatologue à Météo France et au Cired- Sébastien Léger, directeur associé du cabinet d’études McKinsey & Company France

L’enjeu

Kim Carstensen (WWF) : "Le risque est de sortir du sommet de Copenhague avec un accord fixant des objectifs sur le long terme, mais peu ambitieux. On négocie aujourd’hui sur des chiffres inférieurs aux 25 à 40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 recommandés par les scientifiques pour limiter le réchauffement à 2°C."

Jean-Charles Hourcade (Cired) : "Copenhague doit permettre de se mettre sur les bons rails. Déjà, c’est une bonne chose de sortir d’une parenthèse de huit ans de négociations sans les Etats-Unis. Mais il est essentiel de sortir de la logique intellectuelle qui consiste à négocier sur des objectifs chiffrés, qui peuvent être un gigantesque bluff politique, car tout dépend des moyens qu’on met derrière. Pour convaincre les Chinois, il faut leur parler du problème des ressources et de la sécurité énergétique. Il faut s’engager sur les rails d’un rééquilibrage des finances mondiales. La seule solution est de lier la question climatique et la réforme de la finance internationale, pour réorienter l’argent dans des secteurs comme le bâtiment, le transport ou l’énergie."

Stéphane Hallegatte (Cired) : "Il faut absolument éviter de sortir de Copenhague avec un engagement non contraignant, du type des objectifs du millénaire de l’ONU. Les moyens sont plus importants. Il faut encourager et non freiner les actions domestiques, notamment dans les pays en voie de développement, sans qui les objectifs de réduction des émissions des GES sont inatteignables. Il faut malgré tout fixer un objectif à l’horizon 2050 et pas seulement 2020 : on a besoin de changements structurels dans des secteurs (bâtiment, transports…) où on ne verra pas d’amélioration à court terme. Il va falloir trouver un accord qui satisfasse tout le monde, sur la base des intérêts de chacun."

Vers un accord "juridiquement contraignant" ?

Jean-Charles Hourcade (Cired) : "Il est impossible d’avoir un accord « juridiquement contraignant ». Le Sénat américain et la Chine n’accepteront jamais de signer un texte où figure le mot « sanction ». Une négociation, c’est avant tout une question de rapport de force au niveau géopolitique."

Kim Carstensen (WWF) : "Le Sénat américain commence à bouger sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mettre un chiffre sur la table pour les Etats-Unis est déjà une très bonne chose car sans eux, il sera impossible de convaincre le Canada, l’Australie ou le Japon de faire plus d’efforts."

Énergie : moratoire sur le charbon ? Stockage du CO2 ?

Sébastien Léger (McKinsey) : "Un moratoire sur le charbon est impossible. Les énergies renouvelables ont aujourd’hui une capacité de production qui n’a rien à voir avec celle des énergies renouvelables. Le charbon fournit encore 40% de l’électricité au niveau mondial. Le captage/stockage du CO2 peut être un bon levier pour un charbon moins polluant, l’autre étant de moderniser les plus vieilles centrales à charbon. Mais la priorité doit être la mise en place de politiques de réduction de la consommation d’énergie, car la séquestration du carbone ne sera pas commercialisable avant 2020-2025. Peut-être aura-t-on trouvé d’autres solutions miracles d’ici là, mais en attendant on est obligés de prendre cette option au sérieux."

Kim Carstensen (WWF) : "Le stockage de carbone est effectivement un mal nécessaire, mais il doit aller de pair avec une réduction importante de la déforestation et des investissements ambitieux en matière d’énergies renouvelables."

mardi 10 novembre 2009

Le Maroc plaide pour la mise en place un «réel partenariat mondial»

L'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Mohamed Loulichki, a plaidé, fin octobre à New York, pour un «réel partenariat mondial», unique moyen pour aider au développement de l'Afrique, auquel la Communauté internationale dans son ensemble est appelée à s'engager.
«Le Maroc demeure convaincu qu'il est nécessaire de mettre en place un réel partenariat mondial pour le développement de l'Afrique, qui reste l'unique moyen pour aider le Continent à réaliser ses objectifs de développement et donner espoir aux millions de personnes africaines qu'ils peuvent vivre dignement, à l'abri de la pauvreté et des pandémies», a affirmé l'ambassadeur devant l'Assemblée générale de l'Onu.
En effet, a poursuivi l'ambassadeur, qui intervenait à l'occasion d'un débat consacré notamment au Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) et aux causes des conflits et la promotion d'une paix et d'un développement durable en Afrique, «le constat se confirme de plus en plus que la conjonction des crises successives a rendu plus difficile la mise en œuvre des Objectifs du millénaire du développement (OMD) dans le Continent, en ralentissant le rythme de leur réalisation à l'horizon de 2015».
Il en veut pour preuve les estimations sur les projections économiques en Afrique qui, en avançant «un taux de croissance inférieur à 3% pour l'année 2009, restent largement inférieures au taux de 7% annuel, considéré comme nécessaire» pour permettre au continent d'atteindre les OMD à l'échéance fixée.
Pour sa part, a-t-il dit, le Royaume n'a cessé d'œuvrer, d'une manière résolue, conformément à la vision de S.M. le Roi Mohammed VI, pour le renforcement des liens de partenariat avec les pays africains et le développement d'une coopération Sud-Sud fructueuse et mutuellement bénéfique, axée sur le développement humain et le partage des expériences.
Signe de son engagement, en faveur du développement du Continent africain, le Maroc a initié plusieurs programmes de partenariat et de coopération avec les pays africains, touchant à des domaines aussi variés que celui des infrastructures, de l'agriculture, de la santé, de l'éducation, de la formation des cadres, du transport ou des télécommunications afin de promouvoir la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement dans ces pays, a rappelé M. Loulichki.
Le Royaume, a-t-il affirmé, a toujours été convaincu des avantages et mérites de la coopération Sud-Sud dans la promotion du développement économique et social de notre Continent, sans préjudice de l'apport précieux de la coopération Nord-Sud.
Preuve également de sa solidarité avec les pays les moins avancés (PMA) d'Afrique, le Maroc a pris l'initiative d'annuler leur dette bilatérale et leur accorde un accès à son marché sans contingent et en franchise de droits de douane, a rappelé le diplomate.
Dans ce contexte, il a souhaité que «le renouvellement pour le G20 et le G8 des engagements pris à l'égard du Continent africain pour lui permettre d'atteindre les objectifs du millénaire pour le développement soient diligemment et pleinement concrétisé», déplorant que l'aide publique au développement accordée à l'Afrique avant même la survenue de la crise était largement inférieure aux 72 milliards de dollars par an, considérés comme nécessaire pour permettre au continent d'atteindre ses objectifs de développement.
Citant le rapport de la CEA au titre de cette année 2009, il a relevé que l'aide publique au développement destinée à l'Afrique a baissé de presque 11% en 2007 par rapport à son niveau de 2006. De plus, l'Afrique qui a reçu, en 2006, 41% du flux total de l'aide internationale, n'a obtenu que 37% de ce flux en 2007.
C'est ainsi que des millions de personnes, vivant en Afrique, risquent de sombrer dans la pauvreté et le dénuement, a-t-il averti lors de cette séance de l'AG axée également sur la «Décennie pour faire reculer le paludisme dans les pays en développement, particulièrement en Afrique».
De plus, les récentes crises et leurs conséquences sur les économies africaines n'ont fait qu'aggraver leur situation sanitaire et sociale, en diminuant par là même les chances de réalisation des objectifs du millénaire liés à la santé dans le Continent.
En effet, en dépit des avancés enregistrés grâce aux efforts entrepris par les pays africains et leurs partenaires au développement, le VIH/Sida, la malaria et le paludisme continuent de représenter pour le Continent un défi majeur, qui risque de compromettre son processus de développement, a-t-il dit.
Que ce soit pour le Sommet sur la sécurité alimentaire, la Conférence de Copenhague sur les changements climatiques, la Conférence des Nations unies sur la coopération Sud-Sud, ou le dialogue de haut niveau sur le financement du développement, la Communauté internationale dans son ensemble est appelée à s'engager en faveur du développement de l'Afrique, a souligné M. Loulichki pour qui «cet engagement doit se traduire par des mesures concrètes, particulièrement la mobilisation des moyens de leur mise en œuvre, pour que la réalisation des OMD puisse devenir une réalité en Afrique».

Source : Le Matin

dimanche 8 novembre 2009

« Le temps presse. Il nous faut saisir ce moment historique pour œuvrer de manière responsable et décisive pour le bien commun. »


Avec seulement six ans avant l'échéance de 2015 pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, ce sont ces termes que le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a choisis pour prier instamment les gouvernements de participer de manière constructive aux préparatifs de la réunion de haut niveau du mois de septembre 2010, destinée à passer en revue les progrès réalisés vers les OMD et d’autres objectifs internationaux de développement.
L’Assemblée générale des Nations Unies a pris la décision en juillet 2009 de tenir cette réunion plénière de haut niveau à l’ouverture de sa soixante-cinquième session en 2010. À la demande de l’Assemblée, le Secrétaire général a livré un rapport indiquant la forme et les modalités proposées pour l’événement, qui devraient faire l’objet d’un accord par le biais de consultations avant la fin de 2009. L’Assemblée a encouragé tous les pays à être représentés à cette importante réunion au niveau des chefs d’État et de gouvernement.
Dans le rapport sur les Objectifs du millénaire pour le développement 2009 publié au début de l’année, le Secrétaire général affirme : « Nous avons fait des progrès importants à cet égard et remporté de nombreux succès sur lesquels s’appuyer. Mais nous avançons trop lentement pour atteindre nos objectifs ». La réunion de haut niveau de 2010, espère-t-il, ne se bornera pas à renouveler les engagements déjà pris, mais peut aussi galvaniser de manière décisive une action coordonnée de toutes les parties prenantes et permettre d’obtenir le financement nécessaire pour assurer la réalisation de tous les objectifs cruciaux en matière de développement d’ici à 2015.

jeudi 5 novembre 2009

La pauvreté mondiale n’est pas acceptable

La crise économique constitue une nouvelle raison pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), et non une excuse pour ne pas les réaliser, a déclaré le président de la Commission européenne, Jose-Manuel Barroso, ouvrant le dialogue au cours de la quatrième édition des Journées européennes du développement (JED).
"Les pays les plus pauvres au monde sont plus durement touchés par la crise, et nous ne devons pas les laisser derrière", a affirmé Barroso.
La quatrième édition des JED - une plate-forme pour le dialogue mondial sur des questions de développement – a démarré à Stockholm, en Suède, jeudi. Pendant trois jours, 4.000 personnes et 1.500 organisations venues de cette communauté de développement débattront de la démocratie et du développement, de la crise économique et des changements climatiques.
Des publications critiques sur le développement, tels que le Rapport européen sur le développement, l’Indice 2009 de l’engagement pour le développement, le Rapport 2010 sur le développement mondial, seront lancées au cours des JED, ajoutant de l'eau au moulin de trois jours de discussions et de tables rondes.
Des délégués venus de 125 pays sont représentés, y compris des chefs d'Etat et d’importantes personnalités du monde, dont des lauréats du Prix Nobel.
Le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a souhaité la bienvenue aux participants en appelant à une coopération afin de réduire la pauvreté tout en agissant sur les changements climatiques, qui toucheront plus durement les populations les plus pauvres du monde.
"Les pays doivent mettre de côté les intérêts nationaux étroits et ne doivent pas tomber dans des calculs cyniques sur la façon d'éviter de réduire leurs propres émissions. Les défis sont trop graves et énormes pour être négociés", a indiqué Reinfeldt.
"La pauvreté mondiale n’est pas acceptable", a déclaré Barroso. "Je n'accepte pas non plus qu’au 21ème siècle, des gens meurent simplement parce qu'ils n'ont pas assez de nourriture et d'eau potable. Les pays ont besoin de cette solidarité".

Source : communiqué de presse de la CE

dimanche 1 novembre 2009

Rapport Eurobaromètre spécial « L'aide au développement en période de crise économique »

À la veille de la quatrième édition des Journées européennes du développement, un rapport Eurobaromètre spécial consacré à «l'aide au développement en période de crise économique» montrait que la crise qui frappe les pays européens n'a pas entamé le soutien de l'opinion publique à l'aide au développement, qui reste élevé.
Près de 90 % des Européens continuent de penser que le développement est une question importante et 72 % sont favorables au respect des engagements souscrits à l'égard des pays en développement, voire à leur renforcement. Pour M. Karel De Gucht, commissaire européen chargé de la coopération au développement et de l’aide humanitaire, « ce sondage montre clairement que les citoyens attendent de leurs gouvernements et de la Commission européenne qu'ils mettent la main au porte-monnaie pour financer l'aide au développement. Même dans le contexte de la crise économique, j'en appelle à nouveau aux États membres de l'UE pour qu'ils respectent leur engagement d'augmenter l'aide au développement pour la porter à 69 milliards d'euros d'ici à 2010, ce qui correspond à l'objectif à mi parcours fixé dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement. »
Une large majorité des citoyens européens (61 %) considère que l'Europe peut contribuer positivement au débat sur le développement à l'échelle mondiale. « Les Européens comprennent de mieux en mieux l'enjeu du développement. Ils réclament une meilleure couverture des questions relatives au développement par leurs médias nationaux », indique M me Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne et commissaire responsable de la stratégie de communication.
Il est intéressant de noter que la crise économique n'est pas considérée comme particulièrement menaçante pour les pays en développement. Un Européen sur deux voit la pauvreté comme le principal défi à relever par ces pays, devant la crise économique et la crise alimentaire (35 %). Les Européens semblent comprendre qu'au-delà de la récession économique, la pauvreté est le problème structurel majeur.
Deux Européens sur trois (64 %) justifient l'octroi de l'aide par des raisons d'intérêt propre, à savoir le commerce, le terrorisme, les migrations et les relations politiques avec les pays tiers.Il n'y a pas de désintérêt pour la question, 42 % des Européens réclamant une couverture médiatique accrue des problèmes liés au développement. 74 % des Européens n'ont jamais entendu parler des objectifs du millénaire pour le développement, mais ce taux est inférieur à celui de 2007 (80 %).
Le rapport expose les résultats à l'échelle de l'UE, mais aussi par pays. Ceux-ci montrent que la coopération au développement contribue à resserrer les liens entre les États membres au sein de l'Union européenne. L'efficacité de l'aide requiert une cohérence accrue et un consensus plus large entre les États membres. Les sondages européens montrent que depuis 2004, les différences entre les pays s'estompent, notamment entre les pays qui ont rejoint l'UE depuis 2004 et les autres États membres.
Des données sont fournies sur le niveau d'éducation, l'âge et le statut socio économique des personnes interrogées.
Le rapport Eurobaromètre spécial n° 318 sur «l'aide au développement en période de crise économique» a été réalisé en mai-juin 2009. Il visait à apprécier si, dans les pays européens, la récession économique avait entamé le soutien de l'opinion publique à la coopération au développement. Bien que ce sondage, le dernier en date, ait eu pour objectif premier d'évaluer l'incidence de la crise sur la manière dont les Européens perçoivent l'importance de l'aide au développement, il s'inscrit dans le cadre d'une série visant à étudier le degré de sensibilisation des Européens aux questions liées au développement depuis 2004. Des comparaisons avec les résultats d'enquêtes antérieures sont effectuées lorsque cela est possible.

Source : Publi News

jeudi 29 octobre 2009

L’appel de Cotonou lancé par Jacques Chirac contre le trafic des faux médicaments

Plusieurs chefs d’Etat et responsables politiques ont lancé un appel à Cotonou pour une mobilisation contre les faux médicaments. Ce triste commerce représente 10% du commerce pharmaceutique mondial, soit 45 milliards d’Euro, chiffres avancés par l’Organisation mondiale de la santé. L’appel de Cotonou vise à inciter les responsables politiques du monde entier à se mobiliser contre ce fléau. Parmi les signataires de cet appel, l’ancien président français Jacques Chirac.
« Les trafiquants ont compris que c’était plus profitable que de la drogue parce que c’est beaucoup moins contrôlé que la drogue », explique le professeur Marc Gentilini, médecin de la Fondation Chirac. « De plus en plus de morts sont liées à la prise de médicaments trafiqués, sous-dosés ou contenant des impuretés ; on a même vu des vaccins qui étaient remplacés par de l’eau », a déploré le professeur Gentilini.
Le Président Jacques Chirac a souhaité poursuivre son action et ses combats, notamment à travers la création d’une Fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures.
Reconnue d’utilité publique en mars dernier, la Fondation CHIRAC a été officiellement lancée le lundi 9 juin au Musée du Quai Branly. Cette Fondation entend agir en priorité dans les domaines de la responsabilité écologique, la solidarité, le dialogue des cultures et des civilisations.
La Fondation a identifié quatre domaines d’actions prioritaires dont le Président CHIRAC pense qu’ils déterminent aujourd’hui les conditions d’une paix durable pour demain. Il s’agit de l’accès à l’eau, l’accès aux médicaments de qualité, la lutte contre la déforestation et la désertification, et la sauvegarde des langues et des cultures menacées. Dans chacun de ces domaines, la Fondation soutiendra des initiatives concrètes afin de faire changer les choses sur le terrain.
Mais Chirac considère que, de toutes les inégalités, la plus blessante est l’inégalité devant la santé. C’est la raison pour laquelle il est urgent d’agir contre la prolifération des faux médicaments.
L’appel vise à endiguer la banalisation de la production et de la vente des faux produits pharmaceutiques ; à soutenir les acteurs publics et privés, déjà engagés dans cette lutte ; à éveiller les consciences aux risques encourus par la prise de ces faux médicaments..
Cet appel à la mobilisation internationale contre les faux médicaments n’est en réalité que la première étape d’un processus qui devrait aboutir à l’ONU au vote d’une convention d’interdiction de la production et du commerce de faux médicaments.
Lors de la cérémonie de très nombreuses allocutions ont été prononcées. Dans son discours, le président Yayi Boni a cité le cas de son pays, le Bénin, on compte plus de « 6000 vendeurs ambulants de médicaments et 80% de Béninois assurent acheter dans la rue leurs médicaments. Cela fait un manque à gagner et une perte au titre des taxes pour l’Etat ».
S’inscrivant dans la même logique, Louis Michel, député européen et co-président de l’assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, a déclaré que sur le plan économique le vrai perdant c’est d’abord le malade, puis les industriels et les Etats. « Je vois dans l’appel de Cotonou l’expression d’une volonté politique pour lutter contre ce fléau. Il ne s’agit pas là d’un combat banal mais d’un combat salutaire pour toute l’humanité ».
Selon l’OMS, « un médicament sur quatre utilisé dans les pays en développement est faux », alors que « 200.000 décès par an pourraient être évités, si les médicaments prescrits contre le paludisme étaient conformes à la réglementation et capables de traiter réellement la maladie. », explique Jacques Chirac. « Nous, chefs d’Etat, ou anciens chefs d’Etat, responsables politiques et citoyens des nations d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Europe, réunis à Cotonou ce lundi 12 Octobre 2009 à l’invitation de son Excellence Monsieur Thomas Boni Yayi, Président de la République du Bénin, et à l’initiative de la Fondation Chirac, considérons que l’accès universel à des soins et des médicaments de qualité est un droit fondamental » et que « dans la plupart des pays en développement, des franges importantes de la population n’ont pas accès à ce droit fondamental, ce qui est contraire à la dignité humaine et constitue une injustice génératrice de déséquilibres et de tensions ».
Selon Jacques Chirac, « la production et la vente de faux médicaments constituent un crime et une atteinte à l’ordre public » ; et « le trafic international des faux médicaments nuit gravement aux relations pacifiques entre les Etats ».

mardi 27 octobre 2009

L’eau enjeu de l’alimentation

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Alimentation placée sous l’égide de la FAO, l’association ALLIES, a convié le 14 octobre, les entreprises, les ONG et les collectivités, désireuses d’agir solidairement dans la lutte contre la faim, la malnutrition et la pauvreté, à participer à un Forum, dont la vocation est de susciter des projets, de multiplier les synergies et partenariats entre acteurs engagés pour combattre ces fléaux.
ALLIÉS est un réseau associatif d’acteurs français des secteurs publics et privés : ministères, médias, collectivités, entreprises, organisations agricoles, centres de recherche, ONGs, qui mettent en commun leurs compétences et leurs expertises pour optimiser leurs actions au service des plus démunis. ALLIÉS, fait partie de l’Alliance Internationale contre la faim et la pauvreté, placée sous l’égide des agences de l’ONU traitant des questions alimentaires. Première alliance nationale en Europe, créée sous l’impulsion de la FAO, elle contribue comme les 36 autres alliances nationales à accroître les efforts pour atteindre le Premier Objectif du Millénaire pour le Développement : réduire de moitié la malnutrition et la pauvreté d’ici 2015 dans le monde et y compris en France. Ce réseau associatif initie et coordonne des groupes de travail établis en fonction des actions et des expertises complémentaires de chacun. Un Comité d’éthique, veille à la transparence des relations entre ses membres et au respect des règles éthiques établies par l’ONU dans la réalisation des actions au service des populations démunies. ALLIÉS, mène aussi des actions d’information auprès des institutions, et auprès du grand public à travers un groupe de travail réservé au traitement du problème de la faim, la malnutrition et la pauvreté dans les médias.
A cette occasion, Dominique Heron, Directeur des partenariats de Veolia Environnement, a accordé une interview à Afrik.com.

S.T (Salah Taoufik): Dans quelles conditions soutenez-vous les projets de développement proposés par les ONG ?
D.H.(Dominique Héron) : Un projet ne s’improvise pas, il est planifié et doit se dérouler selon un processus rigoureux (objectifs, échéance, réalisation et suivi). Nous devons apporter aussi notre compétence et expérience aux projets sélectionnés. La présence des relais sur place est essentielle pour la réalisation et l’accompagnement de ces projets.

S.T. : Pouvez-vous nous donner quelques exemples de projets concrets financés par Véolia Environnement ?
D.H.: A titre indicatif, nous avons soutenu un projet pour faciliter l’accès à l’eau à Tanger (Maroc) dans des quartiers anciens. Il y avait des querelles de voisinage autour des fontaines publiques, des piratages du réseau et des conflits d’usages. Grâce à une solution de branchement social et la mise en place des bornes fontaines, nous avons pu éliminer le stress généré par l’inquiétude relative à l’approvisionnement en eau. Les situations d’abus de pouvoir ont cédé la place à une meilleure convivialité. Et cela a réduit de manière significative les risques d’échec scolaire chez les enfants- notamment les filles- astreints à la corvée d’eau.

S.T. : Quelles sont donc les conditions de réussite des projets adoptés par votre opérateur ?
D.H: Les solutions proposées doivent surtout être transférables et s’inscrire dans le contexte socioculturel local en tenant compte de la contribution des citoyens. C’est la raison pour laquelle nous menons avec le même succès d’autres projets similaires au Brésil et en Afrique du Sud.

Interview réalisé par pour Afrik.com

 
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