vendredi 28 mai 2010

Le travail des enfants ne connaît pas la crise


Le mouvement contre le travail des enfants s’essouffle dans le monde. Tel est le constat du Bureau international du travail (BIT) dans son dernier rapport. D’après les statistiques de l’organisation sur l’année 2008, 215 millions d’enfants sont astreints au travail.

Cela représente 13,6 % de la population totale des moins de 18 ans, contre 14,2 % en 2004. « Les progrès ne paraissent ni suffisamment rapides, ni suffisamment complets pour permettre d’atteindre les objectifs que nous avons fixés », commente Juan Somavia, directeur général du BIT.

Le monde s’est engagé à éliminer les pires formes de travail des enfants, celles qui mettent en péril leur santé ou leur sécurité, d’ici à 2016 dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Ce problème touche encore aujourd’hui 115 millions d’enfants, contre 128 millions en 2004. Les progrès relevés en la matière concernent essentiellement les filles (– 25 %) et les jeunes entre 5 et 14 ans (– 31 %). « Dans ses pires formes, le travail des enfants recule plus vite que les autres formes de labeur », note le rapport.

La plupart des enfants continuent d’être employés dans l’agriculture (60 %) puis les services (27 %) et l’industrie (7 %). Un sur cinq seulement est rémunéré. L’Asie demeure le continent le plus touché en nombre avec 116 millions de jeunes concernés mais également la zone dans laquelle les progrès sont les plus sensibles (– 4 %), suivi par l’Amérique latine (– 1 %). « L’Afrique subsaharienne se trouve dans la situation la plus alarmante, précise le rapport. Dans cette région, un enfant sur quatre travaille et un sur huit occupe une fonction dangereuse pour sa santé. »

Quel que soit le continent, l’emploi des enfants recule plus vite en paroles qu’en actes. La convention sur les pires formes de travail a été ratifiée par 171 des 183 États membres de l’Organisation internationale du travail (OIT) en moins de quinze ans, un record pour un traité international. Et des discussions sont engagées avec les dernières nations qui manquent à l’appel, parmi lesquelles l’Inde et les États-Unis.

« Mais le nombre de pays qui ont fixé des objectifs assortis d’un calendrier demeure encore très faible », regrette le directeur général du BIT, Juan Somavia. Il en appelle à une prise de conscience des syndicats et des employeurs à l’échelon national.

Source La Croix

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