vendredi 30 avril 2010

L'assainissement et l'eau ne doivent plus occuper une place secondaire derrière d'autres priorités, selon le GLAAS

Entre 1997 et 2008, les engagements pris en faveur de l'assainissement et de l'eau ont diminué, passant de 8 à 5 pour cent de l'aide globale au développement, c'est-à-dire moins que pour la santé, l'éducation, les transports, l'énergie et l'agriculture, selon le dernier rapport GLAAS (Évaluation annuelle sur l'assainissement et l'eau potable dans le monde, Global Annual Assessment of Sanitation and Drinking-Water,) d'ONU-Eau et de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), rendu public le 21 avril.
Ce recul s'est produit malgré des preuves convaincantes qu'en atteignant la cible de l'eau et de l'assainissement des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), on parviendrait à faire baisser les coûts des soins de santé, à améliorer la fréquentation scolaire et à stimuler la productivité. En dépit de ces avantages évidents pour le développement humain et économique, de nombreux pays et bailleurs de fonds prêtent encore une attention insuffisante à l'eau et à l'assainissement et n'y allouent pas assez de ressources.
« En négligeant les questions d'assainissement et d'eau potable, on entrave le progrès. Et si l'on ne progresse pas dans ces domaines, les communautés et les pays perdront la bataille contre la pauvreté et les problèmes de santé, » a déclaré le Dr Maria Neira, Directrice de la santé publique et de l'environnement à l'OMS.
Un accès amélioré à l'eau et à l'assainissement engendre des avantages économiques se chiffrant entre 3 et 34 dollars É-U. par dollar investi, ce qui augmente le produit intérieur brut (PIB) d'un pays de 2 à 7 pour cent, selon les estimations.
« La consommation d'eau insalubre, un assainissement inadéquat et le manque d'hygiène sont à l'origine d'un nombre annuel de décès d'enfants de moins de cinq ans estimé à 2,2 millions. Et 1,5 million de ces décès sont dus à la diarrhée, deuxième cause du fardeau mondial de la maladie, » a dit le Dr Neira. « L'impact des maladies diarrhéiques sur les enfants de moins de 15 ans est plus important que celui du VIH et SIDA, du paludisme et de la tuberculose pris ensemble, » a-t-elle ajouté.
Les conclusions du rapport GLAAS de l'ONU-Eau seront présentées à la première Réunion annuelle de haut niveau d'Assainissement et eau pour tous, organisée par l'UNICEF le 23 avril à Washington DC. Cette réunion offrira aux ministres des Finances des pays en développement, accompagnés des ministres responsables de l'Assainissement et de l'eau, ainsi qu'aux représentants des pays donateurs, une occasion de mieux comprendre les liens entre l'eau, l'assainissement et la croissance économique, afin d'y allouer les ressources adéquates et de promouvoir une culture de transparence, de partenariat et de responsabilité partagée.
Lors de cette réunion sans précédent, les gouvernements, les bailleurs de fonds, les organismes multilatéraux et les organisations de la société civile examineront les problèmes, échangeront les meilleures pratiques et s'engageront à fournir de l'eau potable et un assainissement adéquat aux populations mal desservies. Les participants étudieront en particulier les recommandations du rapport GLAAS : priorité politique plus importante en faveur de l'assainissement et de l'eau potable, meilleur ciblage des ressources, renforcement des systèmes, et création de partenariats plus solides à tous les niveaux.
« Cette réunion de haut niveau marque un tournant capital dans notre secteur. En tant que partenariat mondial, Assainissement et eau pour tous fera appel aux personnes qui décident des investissements et qui peuvent influencer l'évolution probable du secteur. Nous sommes fermement convaincus que la priorité accordée à l'assainissement et à l'eau, et la surveillance commune des progrès accomplis, contribueront au développement et donneront un nouvel espoir aux pays qui peinent à offrir ces services essentiels à leurs citoyens les plus pauvres, notamment les enfants vulnérables, » a dit Mme Clarissa Brocklehurst, Chef de la section Eau, assainissement et Hygiène de l'UNICEF (WASH).
« L'UNICEF se réjouit de la réponse enthousiaste des personnes invitées. Nous espérons organiser une première réunion qui fera date, avec la participation de 35 ministres de 20 pays en développement et de 12 importants bailleurs de fonds, » a-t-elle ajouté.
« L'ONU-Eau est fière des changements que le rapport GLAAS contribuera à apporter dans ce secteur, et nos membres sont prêts à soutenir le travail de nos partenaires de développement et des États membres » a déclaré le Dr Zafar Adeel, président de l'ONU-Eau, un groupe de 27 organisations des Nations Unies dont les activités sont consacrées à divers aspects de l'eau.


Source : Onu-Eau

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